COVID19 : Hasard ou nécessite ?

Rendons-nous à l’évidence, quelque chose dans notre époque est en train de changer. Comment définir ce quelque chose. Probablement un besoin de rupture avec ce que nous avons créé jusqu’à maintenant comme société. Une météo anarchique, des tempêtes régulières, des inondations, des incendies dévastateurs, la banquise qui fond, la montagne qui bouge… Tout cela pourrait être une vraie alerte. Et pourtant ces phénomènes se mettant en place progressivement, nous nous y habituons.

Nous pensions pouvoir tout contrôler, y compris la terre et la nature. Nous pensions qu’avec les vaccinations, tous les enfants seraient en bonne santé. Nous pensions que le temps des épidémies était révolu, sans doute celui des guerres en Europe aussi. Alors pour le reste, nous nous sommes habitués.

Et pourtant, aujourd’hui le Coronavirus nous fait frémir. Aucune arme pour le prévenir ni pour le repousser. Nous avons l’impression d’être à sa merci. Il échappe à tout contrôle et se propage dans le monde très rapidement. Sa propagation et sa virulence font peur. Il nous met donc dans une position d’insécurité. « C’est la guerre » répète notre présidant dans son discours du 16 mars 2020. C’est la guerre dans le sens, nous sommes en insécurité face à cet ennemi, cet envahisseur.

Pourtant, selon moi, ce que nous vivons a un sens. Cette épidémie inédite depuis 1 siècle, a un sens. Comment avons nous pu en arriver à cette situation ?

La réponse scientifique est la suivante : présence d’un coronavirus à 96% similaire chez la chauve-souris, mutation et transmission à l’homme via un animal intermédiaire. Certes mais pourquoi ? Pourquoi cette pandémie effrayante ? Est-ce uniquement expliqué par le fait que ce nouveau coronavirus ait trouvé un terrain vierge pour se développer, personne n’ayant d’immunité contre ce nouveau virus ? Est-ce la seule raison de ce que vit l’humanité aujourd’hui ?

Comment avons-nous pu créer cette situation ? Comment l’humanité a-t-elle créé cette situation ? Nous pouvons estimer qu’il s’agit d’un mauvais coup du destin. Nous pouvons aussi nous sentir responsables.

Nous nous sommes séparés. Nous nous sommes séparés de la terre, pensant que nous pouvions vivre sur la terre en l’ignorant. Nous pensions pouvoir maitriser la nature. Maitriser les mers et les fleuves avec des digues, maitriser les températures avec le chauffage et la climatisation, maitriser
les agents infectieux avec antibiotiques antiviraux et vaccins, maitriser les énergies avec nos puits de pétrole et nos centrales nucléaires, maitriser nos forêts et ses animaux, maitriser…

Nous pensions pouvoir vivre séparés de l’humain. Nous pensions que rabaisser l’autre nous permettrait de monter plus haut, nous pensions que chacun devait protéger ses richesses de son voisin au risque de tout perdre. C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui en Chine. Si un chinois dénonce son voisin, il a des bons points. Cette société est-elle une société humaine ?

Aujourd’hui il est plus que temps de retrouver notre humanité, de faire la paix avec notre humanité. Nous sommes tous sur le même bateau, à partager cette expérience terrestre. Pourquoi le nier ? Tout ce que nous faisons contre la nature ou contre nos semblables nous dessert. Pourquoi classer ? Diriger ? Pourquoi ne pas profiter de la richesse de chaque individu comme de la richesse de la terre ?
Aujourd’hui une épidémie nous rappelle que nous sommes vivants, que la terre et la nature existent et que nous sommes reliés, interdépendants. Aujourd’hui cette épidémie nous demande de choisir notre modèle de société.
Que souhaitons-nous ? Une société individualiste ou une société où chaque individu est en interaction avec les autres êtres humains ? A présent nous devons choisir ce que nous voulons créer aujourd’hui, demain, pour nous, pour nos enfants.

Voulons-nous faire partie de cette terre et de cette humanité ? Ou souhaitons-nous poursuivre ce jeu 

Pour ma part, mon choix est fait. Cette épidémie m’incite à être encore plus moi. A être encore plus en contact avec mes valeurs, à être encore plus authentique. Cette épidémie me rappelle que la nature existe et que c’est grâce à elle que nous vivons, que nous sommes vivants. Cette épidémie me
rappelle que nous, humains, sommes une race grégaire, que nous avons besoin des autres pour vivre. Et que si cette interaction se vit dans l’amour plutôt que la haine, la confiance plutôt que la méfiance, la potentialisation plutôt que la concurrence, alors chacun va y gagner. Alors nous pourrons créer une humanité où chacun trouve sa place sans avoir besoin de jouer des coudes, où chacun peut vivre ses rêves, où chacun peut développer son canal d’abondance, où chacun peut créer son chemin de joie et d’amour.

Rêvons de cette humanité.