Hypertension Artérielle: je t'aime moi non plus

Je suis ébahie par le nombre de personnes ayant une hypertension artérielle (HTA). Les statistiques sont effarantes : 30% des français et 50% des adultes ayant plus de 40 ans dans le monde. Est-ce une pandémie ? une maladie inventée ? Un reflet d’un mal-être de la société ? Quelle signification à titre individuel ?

D’abord qu’est-ce que l’HTA ? C’est une pression anormalement élevée dans les artères. Pour la définir il a été mesuré sur une large partie de la population, la pression artérielle en systole (pression dans les artères lors de l’éjection du sang du coeur) ce qui donne la première valeur et en diastole (pression dans les artères entre 2 battements), la deuxième valeur.

Il a alors été constaté que les personnes ayant des chiffres élevées avaient plus d’événements cardiovasculaires. Ces études ont conduit à définir une normalité. Celle-ci est bien sûr subjective. Si on baisse la pression artérielle cible, il y a plus d’hypertendus, si on la monte, on diminue ce chiffre. D’ailleurs en 2017, l’American College of Cardiology a estimé que l’HTA commençait à 130/85 mmHg et non 140/90 Hg comme défini antérieurement, ce qui a fait passer le nombre d’américains malades de 32% à 46%. En France, on considère la pression artérielle entre 130/85 mmHg et 140/90 mmHg comme « normale élevée » . Un patient est considéré comme hypertendu si sa pression artérielle est supérieure à 140/90 mmHg.

La question suivante est donc de savoir si on doit tous avoir la même pression artérielle dans nos artères. La réponse est évidemment non. Il y a des groupes d’âge à identifier. Les plus jeunes ont une pression moins élevée et les moins jeunes, une pression plus haute. Et, entre, on ne connait pas de particularité individuelle. Or, probablement, pour certaines personnes une pression artérielle à 120 mm Hg sera déjà une HTA alors que pour d’autre une pression artérielle systolique à 140 mmHg n’en sera pas une. Il s’agit de statistiques.

D’où vient l’HTA ? Il y a 2 grands groupes, les HTA secondaires pour lesquelles une cause est identifiable et traitable : certaines tumeurs, un dérèglement hormonal ou encire une atteinte artérielle…

Cependant, l’HTA est la plupart du temps primaire ou « essentielle ». Ce qui veut dire que nous n’en connaissons pas l’origine précise. En général elle est le reflet d’un ou plusieurs dysfonctionnements. La pression artérielle dans les artères dépend du débit de sang et des résistances des artères. L’HTA est donc un reflet de multiples composantes dépendant de chaque individu : une composante rénale avec une réabsorption de sodium trop importante, une composante artérielle avec la rigidification de la paroi des artères, une composante hormonale etc…

Les chiffres de pression artérielle sont le reflet des dysfonctions et non la dysfonction elle-même.

Le cerveau a également son mot à dire. Lors d’un stress aigu, la pression artérielle augmente. En effet, le stress, qu’il soit physique ou psychologique entraine une sécrétion immédiate par le cerveau de neurotransmetteurs et hormones visant à stimuler les glandes surrénaliennes. Celles-ci vont alors sécréter de l’adrénaline et ses dérivées et du cortisol. L’objectif de cette cascade de réaction étant de permettre à l’organisme d’échapper au danger. Les réserves sont donc mobilisées, la fréquence cardiaque et la pression artérielle s’élèvent, le tonus musculaire augmente également. Le même axe hypothalamo-hypophyso-surrenalien va être stimulé dans le stress chronique.

Pour parfaire le tableau de cette maladie complexe, il a été mis en évidence une corrélation entre l’obésité et l’HTA, le diabète et l’HTA, la sédentarité et l’HTA…

Donc si l’HTA reflète un dysfonctionnement large du corps humain, à bas bruit, c’est aussi à bas bruit qu’elle va léser les organes. Car un cœur soumis à une HTA va s’épaissir pour lutter contre cette force, un rein va souffrir de travailler à un régime de pression artérielle élevée, au niveau du cerveau, le déclin cognitif va être favorisé, et ainsi, l’ensemble de l’organisme va être impacté. Il en résulte des complications : l’AVC étant la 1ère mais également la démence vasculaire, l’insuffisance rénale, l’insuffisance cardiaque, l’insuffisance coronaire…

Donc non, ce n’est en rien une maladie inventée par les médecins. C’est par contre une pathologie peu claire qui regroupe des dysfonctionnements divers et qui agit à bas bruit.

Il est évident et certain qu’il est indispensable de prendre en charge l’HTA.

 

La médecine conventionnelle a tout un arsenal thérapeutique efficace pour faire diminuer la pression artérielle. La chimie est certes très performante, cependant, qu’en est-il de la prise en charge de la cause sous-jacente ? Au vu de l’augmentation de la prévalence, serons-nous tous un jour sous anti-hypertenseur ?

Je me souviens d’avoir vu un patient ayant déjà 4 médicaments anti-hypertenseurs… et toujours hypertendu. Et pour cause, il avait une douleur invalidante en permanence. Que vaut la normalisation de la pression artérielle si on ne s’occupe pas du stress chronique sous-jacent qu’est la douleur ?

Si on imagine que la pression artérielle s’élève lors du stress chronique, ne vaut-il pas mieux commencer par traiter ce stress, aller voir ce stress, comprendre ce stress ?

Si l’HTA est aussi répandue actuellement, on peut considérer qu’elle est en rapport avec notre mode de vie. On sait effectivement que la mauvaise nutrition et la sédentarité sont des facteurs favorisants. La prévalence de l’HTA est plus élevée dans les milieux défavorisés.

Si les mécanismes physiologiques qui mènent à l’HTA sont multifactoriels, les causes existentielles le sont sûrement aussi.

Comment notre histoire, notre comportement, nos interactions avec le monde, la société conduisent autant de personnes à l’HTA ?

De nombreuses personnes sont en stress permanent. Tellement permanent qu’elles se sont résignées. J’entends un nombre incalculable de personnes me dire « je suis stressé(e), j’ai toujours été stressé(e) » comme si c’était un état de fait, un fardeau à porter jusqu’à la fin de ses jours. 

Cela s’appelle le stress chronique. Bien loin du stress aigu qui sert la survie de l’espèce, le stress chronique détruit à bas bruit. En effet, dans ce cas, le système hormonal de réponse au stress est activé en permanence. Le corps n’est jamais au repos. Ceci conduit à une mobilisation permanente des réserves et affaibli l’organisme.  Qu’y a-t-il derrière ce stress chronique ? comment en est-on arrivé à ne plus avoir de période de sérénité dans notre vie ?

Le centre d’étude sur le stress canadien identifie comme facteur commun de stress « un ego menacé ». C’est à dire un ego se sentant en danger.

Danger pourquoi : parce qu’il ne trouve pas sa place ? Parce qu’il a peur de l’avenir ? Parce qu’il a peur de ne pas assumer la tâche qu’il doit faire ? Autant de raison d’être soumis à un stress chronique. L’égo se sent menacé quand il craint pour sa survie.

Le stress chronique traduit une mal- adaptation à notre société. Comme si la société ne nous comprenait plus et nous ne comprenions plus la société. Il s’est creusé un décalage entre les aspirations humaines et la société créée par cet humain. Ainsi celui-ci se trouve enfermé dans des obligations ou des ressentiments plutôt que d’être dans sa propre vie.

Cette mal-adaptation dépend de chaque individu, de sa personnalité, de son histoire. Chacun de nous a subi des traumatismes, a de la colère, de la tristesse, de la peur, de la culpabilité ou de la frustration enfouies bien profondément dans son cœur, sa tête, son corps. On peut facilement imaginer que ces émotions bloquées puissent à terme créer des tensions dans le corps. Cependant rien n’est figé, chacun de nous peut choisir de s’alléger.

Je voudrais donc dire à chaque personne hypertendue : l’HTA n’est pas vous. Elle est un reflet de vos tensions internes. Vous avez un espace en vous pour guérir ce qui cause ces tensions internes. La société n’est pas parfaite, elle est telle qu’elle est, telle que nous la construisons. Et vous avez une place dans cette société, une place dans ce monde.

Commencez par prendre soin de vous, de votre corps. Emmenez-vous marcher 30 minutes par jour. Faites-le pour vous, en profitant de ce moment pour vous, et non parce que la médecine vous le recommande.

Explorez votre espace intérieur par la pratique de la cohérence cardiaque, de la méditation, du yoga ou du Ki Gong.

Profitez aussi de ce signal qu’est l’HTA pour revoir votre nutrition et consommer des aliments sains pour votre corps, les plus vivants possible : fruits et légumes, légumineuses, céréales complètes, graines germées et fruits secs à coques. Limitez la viande rouge, les aliments trop salés, notamment industriels, les fromages et la charcuterie.

Regardez votre vie et faites des choix. Triez ce qui est important pour vous, ce dont vous ne voulez plus. Il n’est plus le temps des regrets. Il est temps d’être avec soi et de comprendre que chaque expérience que nous avons vécue et que nous vivons participe à ce que nous sommes et nous fait grandir. Il est temps de lâcher le contrôle que nous avons sur nos vies, sur nous-même notamment en nous auto-jugeant en permanence.

Osez. Reconnectez-vous à votre corps, à votre essence, à votre âme pour retrouver votre légitimité et tout l’amour que vous avez en vous, pour vous.